MISSION AU PEROU

 

jeudi 21 août 2008

Jueves 21 de agusto

Quel bonheur de pouvoir utiliser mes mains et aider un tout petit peu mes freres et soeurs péruviens dans leur grande tâche.Ils sont pour moi un exemple vivant de la puissance de Dieu en action. Tout comme hier, j'ai passé la journée dans une cantine de quartier. Ce temps est bénéfique après les 5 jours que j'ai passé à regarder au plafond de ma chambre à Chulucanas.... et je n'oublie pas les nuits de douleurs où chaque bruit était devenu un ami m'aidant à me retrouver dans le temps, lecoq, le chien, les oiseaux, puis toujours le même camion, je crois toujours à la même heure, juste avant le passage des infirmières avec leur thermomètre et leurs pillules qui n'en finissaient pas. Mais merci Seigneur pour elles, nous étions si bien soignés ! Merci Seigneur pour ta présence au milieu de nos pleurs et de nos douleurs et parfois, malgré tout, de nos rires, merci pour tes mains tendues pour nous relever. C'est maintenant à nous de relever les autres, ceux à qui la vie ne fait aucun cadeau.

Me voilà donc à la cantine pour le deuxième jour. La langue est pour moi un gros handicap,mais le Seigneur nous a donné d'autres moyens de montrer amour et empathie: sourir, un petit calin, une petite chanson....et le tour est joué. Après le repas, pour certains enfants le seul de la journée, un petit jeu avec ce qui nous passe sous la main, un paquet de mouchoirs en papier fait par exemple bien l'affaire puisque nous n'avons pas de balle. Ce soir témoignage dans les rues avec les marionnettes... à la rencontre des nombreux enfants seuls, drogués et sans espoir d'avenir.

Christine

mercredi 20 août 2008

Miercoles 20 de agusto

Nous voila tous reunis a Trujillo, sur la cote du Pacifique, pour notre derniere semaine. Merci Seigneur. La traversee du desert s'est faite sans probleme; nous avions reserve des places dans un car-couchettes climatise, ce qui etait fort appreciable, surtout pour les plus faibles. Nous avons pu apprecier les etendues de sables, les oasis verdoyantes, meme si nous sommes en plein hiver, et les rochers majestueux. Ce n'est qu'a la nuit tombee que nous sommes arrives... pour un bon poulet-frites partage avec les autres, notre premier repas tous ensemble depuis 7 jours, date de notre intox!! Nous remercions le Seigneur pour notre logement dans un guesthouse de la mission americaine... tres fort sur le confort les Americains... douches chaudes, petits soins, salle informatique a libre dispo, nettoyage du linge quotidien, ptit-dej au petits oignons ... Merci Seigneur pour ces freres et soeurs engages dans le service aux missionnaires.Ce matin, depart a 8h pour divers lieux de travail, en collaboration avec un missionnaire ADD espagnol dont le ministere est incroyable. Une oeuvre de foi parmi les enfants des bidonvilles, des lieux ou meme les Peruviens ne s'aventurent pas facilement. Travail sur le chantier d'un jardin d'enfants pour certains, et pour les autres dans diverses cantines servant le seul repas de la journee a des centaines d'enfants. De quoi remettre en place les idees a beaucoup d'Europeens. Ici les enfants sont les plus negliges de l'Amerique du Sud. Avec l'Equateur et la Bolivie, ils portent la marque des colonisateurs qui n'arrivaient pas ici en familles, comme dans le reste de l'Amerique du Sud, mais etaient des aventuriers ou des prisoniers liberes par Madrid afin de venir dans ces regions ou les familles ne venaient pas en raison des conditions de vie plus difficiles qu'ailleurs. Ces hommes sans scrupule et sans foi catholique veritable, violaient systematiquement femmes et enfants, confortant les hommes dans l'heritage inca, heritage qui n'accordait pas de valeur aux enfants. Au travers des annees, ces habitudes bestiales sont restees, plongeant les nouveaux arrivant(es) de la foret amazonienne et des Andes dans la spirale de la pauvrete et de la decheance humaine (un enfant sur 3 est viole en bas age). Le frere Juan Bell est arrive ici avec sa femme et ses 3 enfants, ainsi que 11 valises et un soutien de 125 dollards par mois il y a 8 ans. Aujourd'hui les ADD d'Espagne sont derriere ce frere et des Mairies espagnoles participent meme au financement des constructions de ces cantines et jardins d'enfants de quartier. L'objectif est de donner un repas et une occupation saine a ces enfants demunis, des soins de sante et offrir la possibilite d'une rechercher d'identite (beaucoup ne connaissent ni leur parents ni leur origine) et bien sur temoigner de l'Evangile Liberateur. 4 medecins chretiens peruviens, des infirmieres, des assistantes sociales et des pasteurs sortent une fois par semaine dans de nouveaux endroits de ces bidonvilles avec un car de consultation entierement equipe. Quel beau travail... pour la gloire de Dieu et avec la "benediction" des autorites locales. Ce soir, nous aurons un culte avec une ADD locale et c'est le Pasteur Paul Calzada qui apportera le conseil de Dieu. Apres avoir fait de la brouette toute la journee, je dois dire qu'il est vraiment courageux. Deux soeurs du groupe voulaient venir nous aider sur le chantier, mais le chef de chantier les a refusees... pas de femme sur un chantier, mais des pasteurs feront l'affaire !!!! Il faut dire que le travail etait tres rude... pour ma part, a la pioche et a la pelle dans la caillasse, j'ai bien penser a mon chargeur telescopique qui dort sous mon hangar et a la minipelle qui auraient bien soulage nos vieux os et nos muscles de convalescents !!! Mais ceci est la vie missionnaire et le service que le Seigneur nous confie.... une belle vie, une belle experience et un apprentissage continuel... Merci Seigneur de pouvoir etre a ton ecole !!!

Jacques

mardi 19 août 2008

Martes 19 de agusto

Rédactrice: Gaëlle

6h45 cocorico !!! tout le monde debout !! C'est ce que la journée s'annonce très chargée pour le groupe de Trujillo. En attendant que les autres nous rejoignent, nous ne chômons pas : petit déjeuner à 7h, départ prévu pour 7h30 pour la campagne médicale. Bon d'accord on a du mal à se lever mais c'est par pour ça qu'on est pas tous motivés pour cette journée !!! Finalement le bus passe nous prendre vers 8h ou 8h30 je me rappelle plus bien ... petit imprévu ! Mais c'est pas grave, nous avions profité du temps supplémentaire pour écrire un chant sur du papier peint.

Dans le bus, nous sommes avec les « coopérants ». Ce sont des jeunes espagnols qui donnent 2 mois de leur temps pour travailler à l'association bénévolement. Ils sont en ce moment 5, je crois. Il y en a toute l'année. C'est apparemment quelquechose de fréquent dans la mission espagnole. Nous sommes arrivés ... derrière le district Esperanza, quelques maisons s'élèvent au mileu du sable, sur le flanc d'une montagne, le quartier s'appelle « Indo America », c'est ce que nous appelerions en Europe un bidonville ! Pour ma part, je pense que c'est la première fois de tout le voyage que je suis confrontée à une aussi grande pauvreté !! L'association « Nuevos Pasos » ne se voile pas les yeux et va vraiment au coeur des problèmes et des besoins.

Sur place, Carmen, la femme du pasteur Juan, et son équipe sont déjà sur place et ont tout installé. La mairie leur a prêté un « local » pour cette journée : il s'agit d'un espace entre 3 murs pour protéger du vent !! Mais tout est bien aménagé : deux salles de consultation ont été faites au fond, sur le côté droit une table avec les médicaments, sur le côté gauche trois cabines pour les entretiens avec les conseillers spirituels. Carmen nous explique le fonctionnement : tout d'abord les enfants passent à la pesée et à la mesuréz (hum, je ne pense pas que ce mot existe !!! lol mais vous m'avez compris !) ensuite consultation avec le médecin, les parents sont évidemment présents et reçoivent l'ordonnance, puis avant d'aller prendre les médicaments, les parents passent par le conseiller spirituel qui discute avec eux pour détecter un éventuel problème dans la famille (abus, drogue, alcool ...) et leur parle de Dieu. Carmen nous dit que plusieurs personnes ont déjà donné leur coeur au Seigneur dans des campagnes comme celles-ci. Ca y est, maintenant que nous savons tout, chacun à son poste ! Aurore et Fanny, en bonnes infirmières qu'elles sont, sont placées aux médicaments. Sonia et Emilie accompagnent les personnes pour aller voir les médecins. Le pasteur Paul fait passer des entretiens. Et nous autres, nous commençons à jouer avec les enfants. Ils sont déjà une dizaine, et il est à peine 9h ... la campagne est censée durer toute la journée !! Au fur et à mesure du temps qui passe, les personnes arrivent, les enfants sont de plus en plus nombreux, les gens commencent à faire la queue devant l'entrée. Nous avons ressorti nos jeux (maintenant devenus phares !!) : la mare aux poissons et le chat et les souris. Comme à chaque fois c'est un succès ! Nous tentons d'autres jeux moins appréciés. Heureusement Enrique et Noemi, deux coopérants, sont avec nous et nous apportent une aide précieuse ! Plus tard dans la matinée, Daffy El Pato, Julio et Juanita sont de retour parmi nous et pour le bonheur des enfants qui apprécient la petite pièce de théâtre interprétée par nos marionnettes. Ce n'aura pas été facile de monter le castellet et surtout de le maintenir en un seul morceau tellement il y avait de vent !! Certains enfants se sont même réfugiés dans le bus où le film Jésus était en train de passer.

Début d'après-midi. Finalement moins de personnes que prévues sont venues, nous rentrerons donc tous en même temps. 14h, nous plions bagages. 97 enfants avec leurs parents ont été consultés ce matin !! et quelques personnes ont fait la prière pour recevoir Jésus dans leur coeur !!!! Nous arrivons exténués et affamés à l'hôtel. Il est prêt de 15h. Les frères nous attendent avec un bon repas chaud ! Au menu, soupe de riz avec viande et patate, puis riz avec viande rôtie et frites, fruits en dessert et en bonus, un morceau de brownie fait par Rachel, une des américains qui logent avec nous ! L'après-midi se déroule tranquillement, nous récupérons de nos émotions et de notre travail. Quelques uns font des emplettes à la boutique de l'hôtel. D'autres vont sur internet. D'autres regardent un film à la télé. Nous passons le temps en attendant de retrouver nos amis qui doivent nous retrouver vers 19h ... vite vite vite que ça arrive !!

A 17h30, le pasteur Paul, accompagné de Sonia et Emilie, se rend à l'école des missions pour donner un cours. Je le laisserai nous en dire quelques mots tout à l'heure.

20h15. Le bus avait finalement du retard. Mais ça y est, la sonnette retentit. Ils sont là !!! Quelle joie de tous se retrouver, ce sont des embrassades partout, nous sommes enfin tous en famille, puis tout le monde tient debout !! Il ne manque plus que Gilmer qui doit nous rejoindre demain ou après-demain, je ne sais plus trop. Le reste de la soirée s'écoule paisiblement, chacun raconte à un autre de l'autre groupe les quelques jours qui les ont séparés, on mange, on lit, on se couche ... demain une grosse journée nous attend encore !

lundi 18 août 2008

Lunes 18 de agusto

Rédactrice: Nathalie

nouvelle déstination et nouvelles découvertes pour nous. Nous arrivons à 5h30 après avoir voyagé en bus de nuit pendant 6h. Nous découvrons Trujillo, une grande ville de 800 000 habitants. Nous sommes accueillis par le pasteur missionnaire espagnol Yoan. Nous sommes logés dans un immeuble réservé aux missionnaires que nous trouvons plus que confortable, nous dirons meme douillet.

Après quelques heures de repos, un bus d'un autre temps qui déclenche des éclats de rire (oui, il faut etre 2 chauffeurs, un à l'extérieur qui pousse et l'autre qui conduit) vient nous chercher pour nous montrer les différents lieux d'intervention :

- Les jardins d'enfants. Là sont accueillis les enfants du quartier dont les parents travaillent.

- Les comedores (cantines). Les enfants reçoivent le repas du midi et c'est aussi un moyen de faire un peu d'éducation et d'entendre l'évangile.

Il existe plusieurs lieux dans différents quartiers de la ville, avec des responsables formés et qui reçoivent chacun environ une trentaine d'enfants. Certains lieux sont provisoires, dans un quartier, la mairie a donné un terrain et la construction d'un jardin d'enfants a déjà commencé. Nous voyons des chrétiens dévoués pour cette construction.Tous ces lieux sont gérés par une association espagnole qui s'appelle « nuevos pasos » qui est très bien structurée avec des comptables, des assistantes sociales, une équipe de réinsertion qui s'occupe de jeunes gens qui ont entre 17 et 19 ans et qui ont besoin d'aide. Pasteur Juan et sa famille sont là depuis 8 ans, il n'y avait rien et nous pouvons constater le travail considérable qui a été fait en si peu de temps.

Nous terminons la matinée par cette visite. Il est temps de rentrer pour déjeuner. Nous retournerons au siège de l'association vers 17h pour prendre connaissance du programme de la semaine.

dimanche 17 août 2008

Domingo 17 de agusto

Rédacteur: Sébastien

Matin : poteries

Après-midi : RBC (Centre pour handicapés, et future Maison Jennifer)

samedi 16 août 2008

Sabado 16 de agusto

Rédactrice: Sonia

Aujourd'hui nous étions 7 au petit déjeuner avec de la papaye au menu ! Ensuite ce petit effectif s'est scindé en 2 groupes. Un groupe est resté pour une petite réunion de prière à l'hôtel et l'autre est parti avec Gilmer dans un village afin de remettre une offrande suisse représentée par notre cher Jacques. Pour ma part, je suis restée avec le premier groupe... Alors que Paul nous apportait un message sur la force dans l'unité et l'importance de veiller les uns sur les autres, notre frère Ricardo, initiateur de l'oeuvre à Talenquera, est arrivé à l'improviste. Il a prié pour nous et a prophetisé... le Seigneur nous disait de continuer, d'avancer sans crainte, de persévérer et qu'il était avec nous ! Amen! Merci Seigneur! Nous avions besoin de ses paroles d'encouragement!

Ensuite Paul l'a invité à rester avec nous pour nous raconter son témoignage et comment le Seigneur l'a utilisé pour initier l'oeuvre de Dieu dans les villages lointains de Chulucanas.

Après le passage du cyclone “El Nino”, il est parti prêcher dans les villages, mais les gens étaient peu réceptifs à la Parole, étant très préoccuppés par les dégats matériels. Ricardo et d'autres chrétiens ainsi que le missionnaire suédois Olson ont alors commencé à aider physiquement et matériellement ces villageois totalement démunis et à prier avec eux! De la nourriture venant entr'autres de Suède par avion arrivait et les gens étaient très touchés de l'amour manifesté par les chrétiens, faisant la renommée de l'Evangile dans cetten zone... Le Seigneur la ensuite guidé à prêcher dans d'autres villages, où des églises sont nées, des clubs d'enfants ont vu le jour et où l'évangile se répand encore aujourd'hui par le fruit de la prière et le travail des frères et soeurs de l'église de Chulucanas. Des moyens manquent encore pour la constructions des églises mais ces chrétiens ont l'assurance que le Seigneur va pourvoir à tous les besoins; leur seul recours est la prière en attendant des dons du ciel! Quel beau témoignage de foi!

Cathy

En route donc pour ce village nommé Maïta Capac, au Nord-Est de Piura ; environ une heure de piste cahotique, mais malgré tout très fréquentée ! Moto-taxis, montures et attelages d'ânes et de chevaux font du slalom pour s'éviter malgré les nids de poules ; après un péage, 3 traversées aquatiques et multes dos d'ânes, on arrive au bout du monde ! Là habitent 2 familles

vendredi 15 août 2008

Viernes 15 de agusto

Rédactrice: Viviane

Aujourd'hui encore, seuls les plus valides sont allés prendre le petit déjeuner : sept d'entre nous sont toujours alités. Le médecin est passé et a prescrit des antibiotiques plus forts que ceux dont nous disposions.

Après le petit déjeuner, mise en commun et tri des médicaments.

L'après-midi, visite dans une église en pleine campagne, à 35 kms à l'est de Chulucanas. Nous avons traversé une région de plantations de manguiers, de maïs et de coton avec en arrière-plan la Cordillère des Andes. A la Casa de Oracion de CP8 (Coopérative de Production n°8), toujours la même ferveur et le même accueil chaleureux. Cette église a été construite vers 1998, les matériaux ont été financés par l'Eglise de Valence. L'oeuvre a commencé suite au témoignage d'une mère dont l'enfant souffrait de leucémie. Il avait été condamné par la médecine, mais guéri par le Seigneur. Aujourd'hui, il existe environ 10 Eglises dans la région. Les parrainages constituent une aide appréciée car la population est très pauvre, l'eau étant par endroit extrêmement rare. L'argent des parrainages a été investi dans l'apiculture et l'élevage de moutons. Les enfants étaient enchantés d'interpréter quelques petits choeurs en espagnol, chacun voulait être photographié et s'amusait ensuite de se voir sur l'écran de l'appareil numérique. Lors du départ, c'était très émouvant d'entendre les enfants nous faire signe de main et nous dire : “Dios te bendiga !”

jeudi 14 août 2008

Jueves 14 de agusto

Rédactrice: Natacha, Jean-Philippe

Jean-Philippe : ce soir je vais un peu mieux, alors j'en profite pour écrire sur les journées du 12, 13 et 14. Ce sera le point de vue d'un malade. Je ne suis pas sorti de ma chambre depuis deux jours et je n'ai avalé qu'une banane. Aujourd'hui les infirmières m'ont pris en charge. En fait, elles ont centralisé les soins ; ce matin je me serais cru à l'hôpital. Il y avait trois infirmières dans ma chambre qui statuaient sur mon cas. Pour en avoir autant, je présume que c'était la relève des équipes. Ou alors mon cas est grave ! Elles n'ont pas de blouse, mais par le sérieux avec lequel elles travaillent, marquant les doses de médicament reçues, les relevés de températures, on reconnait qu'elles sont infirmières. Mais elles le font avec tant de gentillesse et tant d'amour ! leur regard bienveillant est un baume pour le coeur. Cela me fait penser à la foi chrétienne. Sans signe de reconnaissance extérieur, les personnes que l'on cotoie peuvent-elles voir en nous, l'amour, la piété et la compassion ? Et reconnaitre que nous avons en nous du sel et une lumière différents ?

J'apprends ensuite que Denis est très mal en point, il ne garde rien en lui et risque la déshydratation. Jacques a envoyé un mail en Suisse pour lancer une chaîne de prière, quelle bonne idée ! On apprend aussi que nos frères péruviens ont été malades. Au vu de l'affluence de cas similaires à l'hôpital, le gouvernement a lancé une enquête. Ce serait une salmonelle dans la mayonnaise du repas de mardi soir. Je prie pour que la soeur ne culpabilise pas et n'ait aucun soucis. Ce repas, je n'en doute pas a été fait avec beaucoup d'amour. Les activités continuent à effectif réduit ; lorsque Paul ou nos infirmières passent, j'ai quelques nouvelles de ce qui se passe dans la journée mais aussi des autres malades.

mercredi 13 août 2008

Miercoles 13 de agusto

Rédacteur : Jessy, Jean-Philippe

Ce matin le réveil est dur pour Jean-Philippe et la nuit a été difficile pour Natacha, Jessy et Gaëlle qui ont eu durant la nuit, la diarrhée et des vomissements. Heureusement, dans le groupe nous avons trois infirmières, un cadeau de Dieu. Petit déjeûner pour ceux qui tiennent debout, l'effectif est réduit et Jean-Philippe n'absorbe qu'un petit pain sec et un jus de fruits. Nous rentrons pour nous préparer, ce matin il y a une formation sur la contruction d'une leçon biblique pour enfants.

Nous avons rendez-vous à l'église mais les soeurs ne sont pas là. Peut-être ne nous sommes-nous pas compris ? Vers 11h00 la responsable de l'école du dimanche, Cécilia, arrive en s'excusant : aujourd'hui c'est la rentrée des classes, cela a pris plus de temps que prévu. Nous profitons alors de ce temps pour faire notre culte, les soeurs Péruviennes restent avec nous. Jean-Philippe sort car il ne se sent pas très bien. De retour son visage est blanc, il tente de prendre ses affaires pour partir mais s'effondre sur l'estrade. En voilà un de plus de malade ! Dans l'après midi, c'est au tour de Viviane puis Denis et Sébastien ; Jacques et Sonia qui ont aussi mangé chez la soeur sont passés au travers. Mais Dieu a gardé nos infirmières et Paul en forme.

Jean-Philippe : je dors dans la chambre de Paul, je bénéficie donc de toute son attention. Non pas comme un père ou comme un ami mais comme un frère bienveillant. Je peux voir tout l'amour et la générosité s' exprimer dans son regard, cette façon de m'observer guettant mes besoins et mes difficultés. Il est une grâce de Dieu et un réconfort. On se sent si faible dans la maladie, isolé et démuni, fragile. Pendant ce temps Fanny, Aurore et Dominique s'occupent des autres malades.

Du coup, je n'ai même pas pu souhaiter un bon anniversaire à Cathy!

Aurore (suite)

Tout le monde n est pas malade, nous rendons grâce à Dieu, et certains peuvent partir avec Paul et Jacques, dans une ville à environ une heure de Chulucanas, dans une zone desertique, pour rencontrer les familles parrainées. La ville de 10 000 habitants, existe depuis environ 6 ans, elle a vu le jour après la tornade “el Nino”, qui a détruit des zones étendues par les innondations.

Beaucoup de personnes se sont installées ici et peu à peu une ville est née : la ville de Noë

L'électricité est en place depuis 6 mois seulement, il n' y a pas encore l'eau courante, mais des travaux sont en cours.

C'est un endroit très très pauvre, très aride en cette saison, avec très peu de ressources. De decembre à Mars à la saison des pluies il y a des épidémiies de choléra, et un seul centre médical pour 10 000 habitants.

Nous avons rencontré plusieurs familles grandement aidées par le parrainage, et beaucoup d'entre nous ont été très touchés par la misère dont ces personnes souffrent, et à la pensée de celle encore plus grande, difficilement imaginable dont elles devaient souffrir avant le parrainage. Je vous parlerai de la famille qui m'a le plus marquée, il s'agit d'une jeune femme de 27 ans, qui a deux enfants d'environ huit ans et trois ans. Elle souffre depuis de nombreuses années d'une maladie qui ressemble à de la polyarthrite, ses mains sont déformées, elle souffre beaucoup. Elle a l'air si fatiguée déja et avoir tant souffert, mais cependant elle est soignée et en laisse paraître aucun laisser aller. Elle est la seule adulte du foyer, et n'avait aucun revenu.

Le parrainage lui a permis de lancer un petit commerce dans sa maison, qui se compose d'une seule pièce d' environ quatre mètres sur trois, avec un lit. Elle achète et revend dans la ville des denrées alimentaires en sachet qu'elle a pu se procurer à travers l'aide du parrainage. Grâce à cela elle a un petit revenu pour faire vivre sa famille, et acheter des médicaments pour calmer les douleurs liées à la maladie. On nous explique que le parrainage n' a pas pour but de durer indéfiniment, mais d'aider les familles à sortir la tête de l'eau et à acquérir une autonomie.

mardi 12 août 2008

Martes 12 de agusto

Rédacteur: Denis, Jean-Philippe

Ce soir nous avons continué l'évangélisation, en extérieur, dans un quartier de Chulucanas. Comme la veille, les enfants ont dansé et joué avec nous. C'est surprenant de voir à quelle vitesse ils se sont attachés à nous (et nous à eux...). Nous ne nous connaissons pas, nous n'avons pas la même couleur de peau et nous bredouillons leur langue. Mais que d'échanges de tendresse! A la fin de la réunion une soeur nous invite à manger chez elle, non loin du lieu de la réunion. Hier soir elle nous avait préparé des bocadillos (sandwichs). Mais ce soir c'est un plat avec du riz et du poulet, en boisson : jus de maïs rouge tiède. Certainement celà est un cadeau de grand prix. Alors malgré la fatigue, l'heure tardive et l'absence de Paul, nous acceptons ce repas. Avant de partir Jacques souhaite que nous prions pour bénir cette maison ; c'est Natacha qui prie en Castillan.

lundi 11 août 2008

Lunes 11 de agusto

Rédacteur: Paul

Une certaine crainte nous avait envahis quand hier au soir en rentrant de la réunion à 10h 15, nous entendions toujours la musique du groupe techno qui était juste à côté de l’hôtel. Ouf, heureusement qu’avant 11h ils avaient arrêté ce vacarme, nous ne fûmes dérangés pendant la nuit que par les coqs, les grillons, les ânes, mais nous devons certainement nous habituer à ces bruits animaliers car ceux du groupe furent moins nombreux à les avoir entendus !

Au lever nous étions tous prêts à attaquer cette nouvelle journée hormis Aurore qui avait eu une mauvaise nuit, suite à des problèmes gastriques. Heureusement que nous n’avons pas à quitter ce lieu, aussi elle est restée à l’hôtel pour se reposer. Au niveau du groupe, après une semaine sur le terrain, c’est notre premier incident de santé significatif, ce qui constitue en soi déjà un miracle. Après le repos et soins qui lui ont été prodigués par Fanny et par Christine elle allait mieux en fin de journée, et nous pensons que demain ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Le petit déjeuner à l’église nous fut préparé par des frères et sœurs qui nous ont régalé comme hier, avec des œufs, du café, de la confiture. A 9h30 nous avons rapidement préparé, avec les moniteurs et monitrices de l’église, l’intervention de cet après midi auprès d’un groupe d’une quarantaine d’enfants dans un quartier tout proche de l’église. (L’église de Chulucanas suit environ 700 enfants dans l’ensemble des quartiers de la ville).

Le programme arrêté, une partie du groupe est allé le finaliser, et l’autre partie du groupe est restée à l’église où se tenait un séminaire de formation pour les responsables des églises locales. J’ai abordé au cours de ce séminaire la question suivante : « Pourquoi certains appels se perdent ? » A 13 h nous avons pris un bon repas tout près de l’église, l’incontournable riz qui est la nourriture de base des 2/3 de l’humanité, était bien sur au menu. Chacun apprécie cette forme d’alimentation avec un plat unique où l’on associe au riz un morceau de viande et une sauce couleur locale. Bien que cette fois nous avions une entrée avec tomates et concombres.

Nous nous sommes octroyé un petit moment de repos (tout petit !), avant de rejoindre le groupe des animatrices avec lesquelles nous sommes allés évangéliser les enfants du quartier proche de l’église.

Nous sommes sur l’une des périphéries de cette petite ville de Chulucanas qui compte 22000 habitants. Les maisons y sont modestes, nous arrivons sur une place baignée de soleil (heureusement que nous sommes en hiver !), nous avons l’impression de « cramer » sous ce soleil implacable. Pour rafraîchir le sol cimenté de la place, les frères ont amené un bidon d’eau qu’ils répandent, avant d’étaler les toiles de plastic bleu sur lesquelles vont s’asseoir les enfants. Pendant que les enfants s’approchent, le castelet et la sono sont installés. Petit à petit l’auditoire se constitue. Avec les monitrices locales nous nous sommes partagés l’animation. Nous nous rendons compte de l’aisance et donc de la réelle expérience et compétence avec laquelle elles gèrent ce genre de réunions en plein air. Nous chantons deux chants de bienvenue en espagnol que chacun du groupe s’est efforcé à apprendre, ensuite les enfants nous rejoignent avec leurs voix juvéniles pour les chanter avec nous. Nous sommes chargés de la partie jeux et les enfants s’en donnent à cœur joie de jouer aux pêcheurs et aux poissons avant de passer au jeu du chat et de la souris. Gros éclats de rire !

Ensuite, Jean Philippe, Emilie et Fanny font une présentation de marionnettes (Bravo pour leur prestation en espagnol !) La leçon est bien passée (Juanita la marionnette blonde et Julio son alter ego brun, ont appris aux enfants que l’on peut prier Dieu en tout temps et en tous lieux). Nous terminons ce moment par le chant qui dit : « Lis ta bible prie chaque jour si tu veux grandir ». Bien sur nous l’avons chanté avec des paroles en espagnol.

Les animatrices distribuent une boisson rafraîchissante et des sachets de pop-corn. Nous laissons rapidement cette ambiance agréable pour nous rendre dans une modeste pâtisserie où Gilmer a commandé un gros gâteau au chocolat car c’est l’anniversaire de Dominique. Surprise ! Nous chantons « Cumpleanos feliz… », Dominique en a les larmes aux yeux, c’est un merveilleux moment d’émotion. A 20 h nous voici entassés sur le pick-up, Gilmer nous emmène dans un autre quartier pour une réunion d’évangélisation en plein air, nous sommes là pour observer leur façon d’évangéliser dans les quartiers. Quelle liberté ! quelle expression de joie ! quelle force dans les chants ! Et avant la prédication quel merveilleux témoignage que celui de ce frère péruvien nommé Victor ! Quel miracle de changement et de guérison ! Quand Gilmer apporte le message d’évangélisation, les cœurs sont ouverts et chacun est attentif à ce message. Après l’appel c’est un temps de prière et ensuite la réunion se termine par quelques chants pleins de reconnaissance.

Une famille chrétienne nous reçoit dans sa maison avec un bon groupe de péruviens pour partager un sandwich qui sera le plat principal du repas de ce soir. Arrivés à l’hôtel nous finirons le repas avec des bananes et une énorme pastèque ! Quelle journée bien remplie ! Le lit est le bienvenu quand il est près de 11h du soir.

dimanche 10 août 2008

Domingo 10 de agusto

Rédactrice: Fanny

Lever dans l'hôtel où un coq a chanté chaque heure! 08H30 « desayuno » (déjeuner) à la « Casa de Oracion ». En s'y rendant on rate la route, heureusement Aurore, Sonia et Jacques viennent nous chercher en moto-taxi! Il pleut. Mais nos coeurs sont réchauffés d'être tous ensemble! Déjeûner: bols colorés avec de la chicorée dedans, beurre, confiture et petits pains... et en terrasse! On est vraiment gatés! Réunion de prière entre nous au même endroit. Paul prêche sur 2 Ti 1:6, « ranimer et entretenir la flamme du premier amour pour Dieu ». Il développe cinq clés:

1- Se souvenir d'où Dieu nous a tiré.
2- Garder sa dépendance avec Dieu.
3- Veiller sur son premier amour.
4- Etre attentif à notre témoignage.
5- S'exercer à une discipline personnelle.

Puis temps de prière où le Saint-Esprit agit profondément avec parole de prophétie. Alleluia! Gloire à Dieu! En partant, quelques enfants nous apprennent un petit chant.

Retour à l'hôtel avant le repas... Restaurant « Chepenano » « Bistek con papas fritas y arroz » ( beef avec frites et riz) pour la majorité! On rend grâce en chantant, ce qui en France est impensable! Une heure d'attente pour que tous soient servis: faute de patates, ils ont du aller en acheter! Anecdote: on rencontre trois chrétiens dont un frère Argentin qui sont pasteurs à Lima. Sieste à l'hôtel puis petit tour à pied dans la ville histoire de prendre des photos et de manger des « churros » sur la place principale... L'occasion aussi de voir plein d'images typiques (cinq sur une moto, un ane qui tire une charrette, un cireur de chaussures...)

Retour à l'hôtel puis à vingt heures, réunion à la « Casa de Oracion » où Paul prêche à nouveau:

  • Garder les yeux fixés sur Jésus
  • Ne pas s'attacher aux apparences
  • Ne pas regarder en arrière

Après leurs chants péruviens dynamiques et enthousiastes, nous leur en faisons connaître deux français, présentés par Fanny:

  • Seigneur par la clarté de ton amour
  • Victoire au Seigneur de la vie

Repas sur place: spaghettis au poulet.

Puis retour au lit sans traîner car la fatigue est là! Buenas noches!!

samedi 9 août 2008

Sabado 09 de agusto

Rédactrice: Cathy

DEPART POUR CHULUCANAS

12h00 Repas au « seminario biblico »; là une surprise nous attend : nos frères et soeurs Péruviens nous ont préparé un « picante de pollo » (poulet à la sauce piquante). Nous nous sommes tous régalés; et nous sommes très touchés de leur disponibilité et de leur gentillesse au travers de tous nos échanges.

14h-14h15 halte au El Chalan pour déguster des cremoladas à divers parfums exotiques (jus de fruits glacés) : quel délice !

15h nous laissons nos chambres d'hôtel et en attendant le départ pour Chulucanas, c'est le moment d'envoyer des nouvelles aux familles (cartes postales, cyber espaces,...) et après de multiples essais nous arrivons à nous connecter à l'internet de l'hôtel pour vous envoyer ces quelques nouvelles...

A la gare de Puira, c'est la grande animation, avec des vendeurs de toutes sortes. Nous décollons à 17h30 dans un bus rudimentaire aux couleurs locales, direction Est. Paysages de steppe puis d'arbres disséminés.

En 1h, nous sommes arrivés. Quel dépaysement de nous retrouver ici ! Après notre installation à l'hôtel « Soler » nous rejoignons l'église « casa de Oracion » pour le culte qui a lieu le samedi soir; Nous sommes surpris de voir autant de monde ! (environ 350 personnes, et ce n'est qu'une des nombreuses églises dans cette ville de 22 000 habitants). Après un moment de chants plein de ferveur, on demande aux Français d'intervenir : chants, témoignage de Cathy et prédication de Jacques sur l'importance d'invoquer Dieu. A la fin nous sommes chaleureusement accueillis par nos frères et soeurs et nous avons la joie de saluer Jennifer !

jeudi 2 août 2007

Jour 15 : Retour à LIMA


C'est la fin...

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mercredi 1 août 2007

Jour 14 : Découverte de Piura


David montrant les limites du terrain de la future maison Jennifer

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