Rédacteur : Jessy, Jean-Philippe
Ce matin le réveil est dur pour Jean-Philippe et la nuit a été difficile pour Natacha, Jessy et Gaëlle qui ont eu durant la nuit, la diarrhée et des vomissements. Heureusement, dans le groupe nous avons trois infirmières, un cadeau de Dieu. Petit déjeûner pour ceux qui tiennent debout, l'effectif est réduit et Jean-Philippe n'absorbe qu'un petit pain sec et un jus de fruits. Nous rentrons pour nous préparer, ce matin il y a une formation sur la contruction d'une leçon biblique pour enfants.
Nous avons rendez-vous à l'église mais les soeurs ne sont pas là. Peut-être ne nous sommes-nous pas compris ? Vers 11h00 la responsable de l'école du dimanche, Cécilia, arrive en s'excusant : aujourd'hui c'est la rentrée des classes, cela a pris plus de temps que prévu. Nous profitons alors de ce temps pour faire notre culte, les soeurs Péruviennes restent avec nous. Jean-Philippe sort car il ne se sent pas très bien. De retour son visage est blanc, il tente de prendre ses affaires pour partir mais s'effondre sur l'estrade. En voilà un de plus de malade ! Dans l'après midi, c'est au tour de Viviane puis Denis et Sébastien ; Jacques et Sonia qui ont aussi mangé chez la soeur sont passés au travers. Mais Dieu a gardé nos infirmières et Paul en forme.
Jean-Philippe : je dors dans la chambre de Paul, je bénéficie donc de toute son attention. Non pas comme un père ou comme un ami mais comme un frère bienveillant. Je peux voir tout l'amour et la générosité s' exprimer dans son regard, cette façon de m'observer guettant mes besoins et mes difficultés. Il est une grâce de Dieu et un réconfort. On se sent si faible dans la maladie, isolé et démuni, fragile. Pendant ce temps Fanny, Aurore et Dominique s'occupent des autres malades.
Du coup, je n'ai même pas pu souhaiter un bon anniversaire à Cathy!
Aurore (suite)
Tout le monde n est pas malade, nous rendons grâce à Dieu, et certains peuvent partir avec Paul et Jacques, dans une ville à environ une heure de Chulucanas, dans une zone desertique, pour rencontrer les familles parrainées. La ville de 10 000 habitants, existe depuis environ 6 ans, elle a vu le jour après la tornade “el Nino”, qui a détruit des zones étendues par les innondations.
Beaucoup de personnes se sont installées ici et peu à peu une ville est née : la ville de Noë
L'électricité est en place depuis 6 mois seulement, il n' y a pas encore l'eau courante, mais des travaux sont en cours.
C'est un endroit très très pauvre, très aride en cette saison, avec très peu de ressources. De decembre à Mars à la saison des pluies il y a des épidémiies de choléra, et un seul centre médical pour 10 000 habitants.
Nous avons rencontré plusieurs familles grandement aidées par le parrainage, et beaucoup d'entre nous ont été très touchés par la misère dont ces personnes souffrent, et à la pensée de celle encore plus grande, difficilement imaginable dont elles devaient souffrir avant le parrainage.
Je vous parlerai de la famille qui m'a le plus marquée, il s'agit d'une jeune femme de 27 ans, qui a deux enfants d'environ huit ans et trois ans. Elle souffre depuis de nombreuses années d'une maladie qui ressemble à de la polyarthrite, ses mains sont déformées, elle souffre beaucoup. Elle a l'air si fatiguée déja et avoir tant souffert, mais cependant elle est soignée et en laisse paraître aucun laisser aller. Elle est la seule adulte du foyer, et n'avait aucun revenu.
Le parrainage lui a permis de lancer un petit commerce dans sa maison, qui se compose d'une seule pièce d' environ quatre mètres sur trois, avec un lit. Elle achète et revend dans la ville des denrées alimentaires en sachet qu'elle a pu se procurer à travers l'aide du parrainage. Grâce à cela elle a un petit revenu pour faire vivre sa famille, et acheter des médicaments pour calmer les douleurs liées à la maladie.
On nous explique que le parrainage n' a pas pour but de durer indéfiniment, mais d'aider les familles à sortir la tête de l'eau et à acquérir une autonomie.